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Lune ou l’autre

Lune ou l’autre

Dans le silence de la nuit, chaque bruit devient mystérieux, presque effrayant. Dans l’obscurité, les animaux sortent comme si la nature sauvage reprenait ses droits. Là-haut, dans le ciel, la lune est là, telle un croissant. Elle éclaire la nuit de son rayonnement tantôt blafard, tantôt argenté. Mais parfois, la nuit devient noire comme de l’encre.

Tout peut s’y passer… Aussi les histoires de la nuit sont parfois source de terreurs. Voici l’histoire d’une évasion, une nuit de nouvelle lune qui m’avait fait « froid dans le dos ».

Il veut s’évader de sa prison

Il s’agit d’un homme, prisonnier de guerre, trop libre et trop fier pour accepter cette condition humiliante. Pour préparer son plan d’évasion, il avait du se cacher et utiliser toutes les ruses du monde.

Il lui avait fallu envoyer des courriers codés pour recevoir une boussole, de la ficelle, des vêtements chauds, un billet de train, des faux papiers d’identité et des plans.

Pour pouvoir recevoir les courriers sans danger, il s’était lié d’amitié avec un complice qu’il récompensait à la mesure de ses moyens. Toute cette entreprise lui avait demandé des jours et des jours, avec toute la patience, la persévérance et la détermination qui étaient nécessaires.

En tant de guerre, s’évader c’était prendre le risque de la mort ou bien de punitions terribles. C’était le risque de l’une ou l’autre…

La lune, il fallait à tout prix  choisir une nuit de nouvelle lune pour qu’elle n’apparaisse pas dans le ciel. Il fallait la nuit noire pour ne pas être reconnu par les gardes qui faisaient un peu partout, leurs rondes habituelles.

Il se heurte à un gros obstacle

La nuit choisie arrivait… C’était la prochaine. Cependant, le travail lancinant de la peur qui avait cheminé dans son corps, avait produit un lumbago invalidant. Ce matin là, il ne pouvait plus bouger. Il devait rester immobile…

Il était condamné à attendre. Comme on le sait, l’attente d’un moment difficile est beaucoup plus éprouvante que l’action même ! Il fallait recommencer une série d’opérations afin d’être fin prêt, cette fois, pour la prochaine nouvelle lune, 28 jours plus tard.

Un compagnon de cellule émit le désir de partir avec lui. Cette proposition n’était pas pour lui plaire vraiment : il préférait en effet se débrouiller seul pour cette dangereuse entreprise. Il avait d’ailleurs l’habitude d’agir seul et le fait d’être deux lui apparaissait comme plus périlleux.

Sa générosité l’empêchait néanmoins de refuser cette demande. Ils partirent donc tous les deux le soir prévu. Ils devaient surveiller le changement de tour de garde afin de se faufiler, pour sortir du camp.

Ils se lancent dans l’aventure

Dehors, il faisait froid. La nuit était noire. Comme prévu. Ils avaient tous deux le plan dans la tête pour rejoindre la gare à quelques kilomêtres de là.

Mais, pour ce parcours dangereux, il était plus prudent de se séparer et de prendre chacun un itinéraire différent. En effet, des projecteurs balayaient régulièrement les chemins et les champs et ils devaient se cacher pour ne pas se faire repérer.

Après avoir pris un rendez-vous pour se retrouver sur un lieu précis, à une heure précise, ils se mirent tous deux en marche dans la nuit obscure, chacun sur leur chemin prévu. La tension était là et les obligeait tous les deux à être aux aguets, mais déterminés.

Soudain, au bord d’un champ, un bruit incroyable, énorme, se fit entendre. Ne pouvant donner de signification à ce bruit, il était terrifié, presque paralysé par la peur… jusqu’à ce que quelques secondes plus tard, il apercoive la forme d’une vache qui venait de vider sa vessie…

Avec un soupir de soulagement, il reprit sa marche solitaire, se cachant rapidement à l’approche des projecteurs. Après bien des péripéties, des peurs, il arriva enfin au point de rendez-vous. Il se posta là et attendit.

Rien. Son compagnon d’évasion n’était pas au rendez-vous. Au bout de longues minutes qui lui paraissaient interminables, il arriva un moment où il devenait dangereux pour lui d’attendre plus longtemps. Si tout s’était bien passé pour lui, il aurait du être là.

Il repart seul

Mais, il n’était pas question en cet instant de faire du sentiment… C’est le coeur serré, qu’il reprit seul, sa route vers la gare.

Epuisé par cette marche habité par la peur, il arrivait à la gare. Il s’agissait maintenant d’attendre le train sans se faire repérer. Il restait dans des coins sombres avec la volonté de passer inaperçu. La gare était surveillée par l’ennemi comme partout. Il eut instinctivement l’idée de se rapprocher de voyageurs qui attendaient eux aussi.

Après de longues heures, le train tant attendu arrivait enfin en gare. Jusque là, pour lui, tout s’était bien passé. Il ne fallait pas qu’il pense trop à ce compagnon qu’il avait laissé… Peut-être s’était-il fait prendre ? peut-être était-il mort à cet instant ? Il savait que ce compagnon n’avait pas sa volonté solide et il avait peut-être paniqué ou mal réagit devant une situation imprévue ?… Il ne devait jamais le revoir ni avoir de ses nouvelles.

Il montait dans le train. Il fallait être comme un voyageur lambda, rester impassible et ne pas dormir. Le voyage allait être long pour retrouver la France. Il avait dans sa poche la ficelle qu’il avait préparée en faisant autant de noeuds que de stations prévues jusqu’à celle de son arrivée. Cette ficelle était devenue une sorte de chapelet qu’il égrénait station après station. Il s’efforcait de rester concentré pour ne pas s’endormir.

Le contrôleur passa et lui demanda son billet. Il le tendit en retenant sa respiration. Il le reprit. Pas de problème… Il soupirait. Il fallait maintenant tenir jusqu’au bout, repérer la station sur sa ficelle, dans ce train de nuit qui filait vers la France.

Le passage à la frontière était encore une épreuve. Il avait ses papiers d’identité, bien en sécurité dans ses poches. Il s’efforçait toujours d’être le plus « invisible » possible, le plus ordinaire possible… En homme fier qu’il était, ce n’était pas facile, mais il était une question de vie ou de mort. Et là, dans ces conditions, tout semblait possible !

C’est amaigri et fatigué, qu’il retrouvait la France, mais sain et sauf… Son courage avait porté ses fruits. Il était libre ! Cet évènement lui indiquerait pour sa vie future, le chemin de la réussite et du succès.

Le sens de cette aventure

Poussé par son instinct, il avait osé affronter le danger, et pris le risque suprême de mourir ou de vivre libre. Cette nuit terrible avait produit au plus profond de lui, une lente et mystérieuse métamorphose.

En effet, cet homme avait été orphelin de sa mère à l’âge de un an. Celle-la était morte en couches. Une part de lui-même, celle de ce bébé abandonné, était inconsciemment restée prisonnière d’une fusion psychique avec cette mère, fusion sans laquelle il n’aurait pas pu vivre.

Il avait été impossible à ce bébé de un an de sortir de cette prison invisible. Grâce à cette aventure incroyable pour laquelle il avait fait appel à son courage et à sa rigueur, il venait sans le savoir, d’ouvrir la porte de cette prison à ce bébé. Depuis la tragédie de cette disparition l’énergie de ce bébé de un an était resté enfermée, bloquée, terrorisée.

Il ne le savait pas, mais La Lune, comme une mère absente à ses yeux, avait été subtilement présente pour le guider dans cette évasion… Cette nuit là :

La Lune cachée derrière le soleil l’avait accompagné,

L’obscurité profonde de la nuit l’avait protégé.

Lune et l’autre avaient été ses compagnes.

La Lune est une présence maternelle changeante, tantôt éclairante, tantôt obscure, tantôt à moitié là. Lune et l’autre sont là, mais on ne sait jamais qui est l’autre…

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